Comment percer dans du carrelage sans le casser ?

Percer dans un carrelage sans le fissurer, c’est tout à fait possible. La condition : utiliser le bon outil et adopter la bonne méthode. Avec la mèche adaptée et quelques gestes précis, vous obtenez un trou propre, sans éclat.
La réussite dépend surtout de deux éléments : le choix du foret adapté au type de carrelage et le contrôle de la vitesse de perçage. Voici les étapes à suivre.
Quel foret choisir pour percer du carrelage ?
Le choix du foret dépend du type de carrelage. Utiliser un foret inadapté, comme un foret à béton, est une erreur fréquente. Il glisse sur l’émail, chauffe et ne perce pas correctement.
Foret carbure de tungstène ou à faïence pour les carrelages standards
Pour la faïence murale et le grès cérame émaillé, le foret à pointe en carbure de tungstène est le plus adapté. On l’appelle aussi foret à faïence. Sa pointe en forme de flèche permet de percer sans faire éclater l’émail.
Il convient également à la pâte de verre et aux carreaux émaillés en général. Les diamètres de 6 à 8 mm couvrent la plupart des fixations courantes. Pour élargir un trou, il est possible d’utiliser ensuite une scie cloche à dents carbure.

Foret ou trépan diamanté pour le grès cérame pleine masse
Le grès cérame pleine masse est très dur, avec une dureté proche de 8 sur l’échelle de Mohs. Pour le percer, il faut un foret à tête diamantée, car le carbure de tungstène ne suffit généralement pas.
Pour les petits diamètres, un foret diamant cylindrique est adapté. Pour les trous plus larges, comme les passages de gaines ou les boîtiers de 67 mm, il faut utiliser un trépan diamant monté sur perceuse.
Les forets “universels” vendus pour tous carrelages sont à éviter sur ce type de matériau, car leur efficacité reste limitée sur les surfaces très dures.
| Type de carrelage | Foret recommandé |
|---|---|
| Faïence murale | Carbure de tungstène (flèche) |
| Grès cérame émaillé | Carbure de tungstène (flèche) |
| Grès cérame pleine masse | Foret ou trépan diamanté |
| Grand diamètre (>40 mm) | Scie cloche carbure ou diamant |
Comment percer du carrelage sans le casser (méthode étape par étape)
La réussite d’un perçage de carrelage repose sur la préparation et la progressivité. Précipitation et pression excessive sont les deux causes principales de fissures.
Préparer le repère sans glisser sur l’émail
La principale difficulté est l’amorçage : le foret peut glisser sur la surface émaillée. Pour l’éviter, placez du ruban de masquage ou un adhésif sur la zone de perçage.
Marquez ensuite le point précis sur ce support. L’adhésif améliore l’accroche du foret au démarrage. Vous pouvez aussi utiliser un poinçon pour créer une légère empreinte avant de percer.
Avant de commencer, vérifiez toujours l’absence de câbles ou de tuyaux derrière le mur avec un détecteur. Pour les carreaux posés au sol, travaillez sur une planche en bois afin d’amortir les vibrations et limiter les risques de fissure.
Percer à la bonne vitesse et avec la bonne pression
Positionnez la perceuse perpendiculairement au carrelage. Démarrez en vitesse 1, très lentement, avec une faible pression. L’objectif de cette phase est de rayer l’émail et créer une encoche stable.
Une fois que le foret a accroché dans le carrelage, augmentez progressivement la vitesse sans forcer. Laissez l’outil travailler par abrasion. Le mode percussion doit rester désactivé pendant toute la phase de perçage du carrelage.
Si le foret chauffe ou que la friction devient importante, humidifiez régulièrement la zone avec une éponge mouillée ou un vaporisateur, environ toutes les 10 à 15 secondes. Pour les scies cloches de grand diamètre, commencez en biais à environ 45° afin de créer une encoche, puis redressez progressivement la perceuse.
Une fois le carrelage traversé, adaptez l’outil au support derrière. Sur du béton, activez la percussion et utilisez un foret adapté.

Cas particulier : percer du carrelage mural en salle de bain
Percer du carrelage en salle de bain suit les mêmes principes, avec une contrainte supplémentaire : l’étanchéité. Chaque perçage traverse la protection hydrofuge du support.
Pour limiter les infiltrations, injectez un peu de silicone neutre dans le trou avant de poser la cheville. En l’insérant, le silicone peut légèrement déborder, ce qui est normal et même utile pour assurer l’étanchéité.
En revanche, évitez d’en mettre en excès autour des accessoires visibles, car cela peut retenir l’humidité.
Percez toujours dans le carreau lui-même, jamais dans les joints. Les joints de moins de 5 mm sont friables : ils peuvent éclater les carreaux voisins et ne garantissent pas une bonne tenue de cheville. Humidifiez légèrement le carrelage mural pendant le perçage pour éviter la surchauffe du foret.
Erreurs fréquentes qui font craquer le carrelage
La plupart des carreaux fissurés résultent des mêmes erreurs. Les voici, pour ne pas les reproduire :
- Utiliser un foret à béton : il patine sur l’émail, chauffe sans avancer et use la mèche inutilement.
- Activer la percussion dès le début : les chocs vibratoires fissurent le carreau. La percussion ne s’utilise qu’après avoir traversé le carrelage.
- Démarrer à vitesse élevée : la mèche glisse et creuse l’émail de façon incontrôlée. Commencez toujours lentement.
- Appuyer fortement sur la perceuse : la pression excessive crée des micro-fissures. Laissez l’abrasion faire le travail.
- Percer dans les joints étroits : les joints inférieurs à 5 mm n’absorbent pas les contraintes et fragilisent les carreaux adjacents.
- Négliger le refroidissement : sur grès cérame pleine masse, un foret qui surchauffe perd ses propriétés abrasives. Arrosez régulièrement.
Avec les bons outils et une méthode rigoureuse, il est tout à fait possible de percer du carrelage sans l’endommager. La préparation reste l’étape clé : c’est elle qui conditionne la qualité et la sécurité du perçage.



